pour en finir définitivement avec le public

 

car la notion de public provoque l'agonie de l'art

 

La notion de public n'est pas un paramètre que retient la musique. L'artiste n'a pas besoin de public. Il crée son oeuvre et la montre à ceux qui veulent bien la voir : pas à ceux qui ne sont pas concernés. Logique. La notion de « poids public » d'un artiste est une transformation de l'artiste en potentiel profitable. C'est-à-dire que le marketing et la politique exploitent le talent artistique en le détournant de sa destination originelle à des fins de profits commerciaux pour les uns et de profits électoraux pour les autres (il y a toujours un gros pécule à « prendre » quelque part qui nuit à l'art). L'artiste n'a pas à se poser la question du public (de sa reconnaissance publique), car cette question le détourne de son travail originel : celui de se concentrer sur l'élaboration de son oeuvre. Ceux qui exigent de l'artiste des critères commerciaux ou électoraux à travers une reconnaissance publique se foutent de l'artiste et de son oeuvre. Pour ne pas perdre le sens de son travail, l'artiste doit refuser catégoriquement de rentrer dans ce jeu de tartuffes. Le succès d'un artiste et le succès de son oeuvre sont deux choses bien distinctes. Le succès public est une fabrication d'agitation populaire factice. La figure concernée est : le pantin : d'un groupe multinational qui travaille à la vente de son image. Le succès public utilise intensivement la propagande pour arriver à ses fins. Propagande masquée sous la forme de publicités « in » et « branchée », et d'intérêts (achetés) des médias du personnage, mais par ordre (oui je dis bien un ordre, une personne qui ordonne) de focalisation médiatique sur le pantin en question : articles, émissions, de blablas et ragots que les idiots achètent en masse. Aujourd'hui chacun confond pantin et artiste par l'intermédiaire de la propagande publicitaire mainte fois répétée [1] : le pantin est entrainé à bien jouer, à bien chanter, à bien danser et être photogénique (qui ne s'apprend pas), mais qui est le paramètre le plus important du pantin : l'attitude du pantin quand il est de sorti doit générer de l'agitation voir de l'hystérie publique : la figure compte plus pour le profit que le talent : le talent est trop incontrôlable pour devenir une figure populaire : une star (une vedette) est étroitement contrôlée (vu les investissements où chacun veut récupérer sa mise doublée au moins). Le vedettariat concerne surtout la jeunesse : elle a besoin d'idoles à idolâtrer des modèles des idéaux à suivre. Les plus vieux sont censés être moins naïfs et évitent les tromperies de l'agitation. Pour créer un engouement, il faut donc créer une « nouvelle mode », une mode est une autre attitude destinée à la jeunesse de la nouvelle génération qui doit la représenter. La nouvelle jeunesse veut se distinguer de la précédente. La demande existe. L'agitation obligée d'une nouvelle jeunesse regardera l'ancienne génération comme des « vieux cons fatigués » qui ne comprennent rien « à la jeunesse d'aujourd'hui ». En effet les vieux fatiguent et sont moins demandeurs de nouveautés, de nouvelle mode : ils ont eu la leur qu'ils ressasseront comme le « bon vieux temps ». Les profiteurs n'ont qu'à graisser la machine et le tour est joué : « la jeunesse débile me rapporte trop de fric ». Il suffit de se servir. Ou l'exploitation de la connerie en masse. Contrairement au succès factice d'une figure. Le succès d'une oeuvre met du temps à poindre, un artiste de talent est toujours dans le stéréotype « en avance sur son temps », en fait il élargit le champ émotionnel de compréhension du monde et du possible de l'humain. Pour les novices, il faut un certain temps pour comprendre et apprécier l'oeuvre exceptionnelle. Des a priori doivent être rompus et cela demande un certain temps. Même si intuitivement le novice détecte quelque chose d'indiciblement puissant dans l'oeuvre, dans un premier temps il ne la considérera pas comme oeuvre : il se sentira seul face à elle. Même effrayé. Trop peu de monde est capable de reconnaître l'oeuvre exceptionnelle (même pas son artiste) et il faut du temps pour se mettre d'accord ensemble et de constater l'oeuvre exceptionnelle. Et l'absence aujourd'hui de critiques d'art ne facilite pas l'affaire. Sans le critique de talent, le public est incapable par lui-même de détecter quoi que ce soit [2]. C'est pour cela que tout artiste de talent n'est reconnu pour son travail que bien des années après sa mort.

 

Donc : artiste, ne te laisse pas avoir et ne te soumet pas à la dictature du public [3]. Ce n'est pas ton affaire. Le public est l'affaire des politiques et des business obtus : des escrocs qui manipulent le monde (des idiots) à leurs profits. Détourne-toi de ces manifestations publicitaires si tu respectes vraiment ton travail à élaborer des oeuvres. Trouve-toi un environnement propice (sans idiots) à la réalisation de tes oeuvres et oublie ces histoires de public qui ne te concerne pas, car tu n'es pas un idiot.

 

D'après Laurent Goldring, la notion de public repose sur le « two-sided markets » les marchés à double clientèle : celui du (é)lecteur-spectateur-auditeur et celui de l'annonceur. « Le public n'est pas l'ensemble des gens à qui on va vendre des informations (...) le public est ce qui doit être vendu. Pour les marchés à double clientèle, le public est une notion qui n'est valable que pour la seconde clientèle (l'annonceur). Des lecteurs, des spectateurs, même nombreux, ne sont pas rentables en eux-mêmes, quand ils sont trop singuliers, trop différents, et ne font pas masse. (...) Ils sont impossibles à cibler (à gouverner), trop hétérogènes pour qu'on les constitue en public. (...) Un public n'est pas défini par ce qu'il achète, mais par ceux qui l'achètent. Un spectacle dans cette optique n'est pas destiné à des spectateurs (trop d'artistes croient encore le contraire), il n'est financé que pour produire une masse publique homogène au prorata du financement par l'autre clientèle (les annonceurs) » : c'est-à-dire les entreprises et les Etats en manque d'électeurs et de clients : là où réside les dominations fortunées au pouvoir qui veulent se voir glorifiées par une masse servile, et non critiquées par des individus ingouvernables [4]. « La phrase d'un programmateur, d'un éditeur ou d'un rédacteur : « ce n'est pas pour mon public », ne signifie pas : ça ne plaira pas (à la première clientèle). « Ce n'est pas pour mon public » signifie : ça ne me permet pas de produire un public compétitif sur le marché du second tarif. » : qui veut dire : « cela ne plait pas à nos investisseurs ». Laurent Goldring continu disant : « Les artistes ne sont plus censés produire des affects, mais sont censés produire du public. (...) Ce que les politiques appellent “lien social”. » Le goût du public manipulé est soumis au goût des financeurs qui se servent des artistes comme relais de leur propagande en endettant le spectacle pour que l'annonceur soit acheté par le plus grand nombre qui paye pour sa servilité : sa fidélité obéissante en s'endettant. Le public est homogénéisé et vendu pour que le système d'exploitation ne change pas : le produit consommé importe moins que l'enrichissement de l'annonceur. Pour faire adhérer une masse homogène de public à une attitude : les arts subventionnés ne sont qu'un prétexte à maintenir la soumission du peuple-public aux idéologies volontaires de dominations politiques et commerciales pour une obéissance sociale absolue involontaire.

Tous « ministère de la culture », « fondations pour les arts », etc., ne sont que les agences de publicité (de propagande du « bonheur nécessaire ») masquées des gouvernants dominants (domination acceptée et soutenue par la clientèle électorale qui se laisse manipuler). Le profil artistique retenant les subventions privées ou publiques, n'est que publicitaire : dans le sens où une image d'artiste agit pour produire un public plus vaste c'est-à-dire des clients-électeurs heureux qui montrent tous ensemble leur servilité au spectacle vendu au commanditaire (subventionneur-annonceur). L'artiste pour voir son ouvrage financé, « travaille d'abord à se fabriquer ce public, puisque c'est (son) ce public qu'il va vendre » vendre ses esclaves et non son oeuvre : au « ministère de la culture » et autres « fondations pour les arts » qui sont les lieux privilégiés de surplus d'argent ininvestissable des entreprises dominantes. Les arts sont le terrain prestigieux de l'argent blanchi : tout comme les associations caritatives, la bonne cause du mea culpa des salauds. Dans un dossier d'artiste de demande de subvention, ne compte que la notoriété de l'artiste et le budget qui doit être proportionnel à cette notoriété (selon des quotas non divulgués), ce qui est administrativement nommé : « le poids public de l'artiste ». Ces entreprises publiques et privées n'ont jamais financé la qualité du travail artistique qui leur importe moins que l'effet souhaité d'un public acquis.

En quoi est-ce vraiment nécessaire de se fabriquer volontairement un public pour un artiste ? Etre témoin de sa gloire usurpée ? Vouloir en tant qu'artiste se fabriquer un public même fidélisé c'est faire le métier des publicitaires (communication), mais gratuitement, et servir de passage à ce que ce public soit le client fidèle de l'annonceur et non de l'artiste qui reste un prétexte à l'annonce publicitaire. Vouloir en tant qu'artiste se fabriquer un public c'est démontrer son manque de talent par le manque de temps à s'occuper de son art : des pseudo-artistes qui produisent des oeuvres publicitaires pour produire plus de public. Vouloir en tant qu'artiste se fabriquer un public c'est jouer le jeu de l'annonceur et trahir sa création, car l'artiste doit servir son commanditaire en échange de la subvention reçue en amenant de la clientèle supplémentaire. L'artiste authentique n'a cure et ni le temps d'aller à la pêche au public, ce n'est pas son métier et ne s'enchaîne pas à des “agences de com” (com pour propagande et commerce) qui lui imposeront son attitude, son style, etc., afin d'être vendu. Grâce à ces pseudo-artistes, on ne s'étonnera pas de l'irrespect proféré envers les métiers d'artistes : il n'y a pas pire que les pseudo-artistes, trop aisément manipulables dans leurs égocentrismes.

 

Le public-peuple : la masse (homogène) manipulée : le lien social (le nombre de clients achetés) : l'achat d'attentions permanentes et majoritaires à durée illimitées (l'endoctrinement) : l'annihilation des individualités inachetables : une dictature sous couvert démocratique pour le règne de la médiocratie ? C'est bien cela que nous vivons.

 

Le publc est un objet destinée à la glorification du pouvoir. Le pouvoir est : celui ou celle qui décide pour les autres et dont les autres se soumettent volontairement. C'est en cela que le public n'a rien à voir avec les arts. Il est manipulé par les médias pour glorifier sa servitude : il n'y a que les idiots qui cherchent a être glorifiés dont le système libéral se sert pour s'enrichir [5].

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Le public et la notoriété

Quel est le rapport entre la notoriété et le public ? Quel est le rapport entre le public et la notoriété ? Est-ce le public qui crée la notoriété ? ou est-ce la notoriété qui crée le public ? Où se trouve le pouvoir de la notoriété ? Le public ne crée pas la notoriété, mais la soutient. La notoriété est créée par la diffusion médiatique orchestrée par l'industrie de la communication.

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La signification de public

La signification de public est : des individus manipulés à réagir de la même façon dans le même sens. La notion de public sert à gommer les différences de chacun pour permettre la fausse évidence de la foule. Un fleuve humain à diriger (obligatoirement). Le prétexte nécessaire à gouverner l'irresponsabilité, car en elle-même, « la foule est irresponsable et dangereuse » [6] est une idée qui autorise le déploiement de la police (ou de « services de sécurité ») quand il y a foule. La foule est ressentie comme une menace par les gouvernants, même si elle n'est pas en colère.

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Le paradoxe « public »

L'idée de public permet de ne pas partager avec les autres. Ça (le bien public) appartient à tout le monde, mais à personne : « si je vous donne l'autorisation à vous, je suis obligé de donner l'autorisation à tout le monde, et c'est interdit (ou pas possible) » (sic). On utilise des idées pour ne pas connaitre l'autre et se dissimuler dans l'irresponsabilité : derrière la loi et le règlement. Les idées obligatoires font les lois. L'idée de public encourage le favoritisme (copinage), car il faut bien donner ce qui est disponible pour tous (au public) à quelqu'un (c'est le coeur du paradoxe), et les quelqu'uns non anonymes, susceptibles de recevoir, sont les proches (les connaissances qui sont prédisposées à « renvoyer l'ascenseur » [7]) de rendre la pareille : autrement dit, de récompenser le don. La relation intéressée du don (du public) au fait de prendre sans demander (au public) dans un gouvernement qui gère le bien public, est le « terreau » où repose toute la contradiction de la démocratie (publique) : sa corruption. C'est une relation d’affaires de réciprocité privée : « donnant donnant » qui interagit grâce à l'anonymat (public). Le public c'est personne. Les élus disposent du bien public (propriété de l'Etat, donc à personne) autrement nommé : privilège (au dessus des lois). L'idée du public anonyme crée le privilège des élus médiatisés (reconnu publiquement. Les « mass media » sont exclusivement destinés au public) à l'image d'une idole. L'idée du public crée le privilège : c'est le paradoxe de public.

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« Public » et « Intérêt Général »

L'idée de l'intérêt général sert l'idée de public (dans son absence). L'intérêt général qui est à ne pas confondre avec l'intérêt de la communauté. L'intérêt général contrarie le privilège de l'idée que l'intérêt peut être destiné au particulier. Un être humain qui a un besoin, à un moment donné, ne rentre pas dans l'activité de « l'intérêt général ». L'adjectif « particulier » est devenu 200 ans après un substantif (dans l'intérêt général de son opposition ?) et signifie une personne quelconque, une personne privée (pas publique), un simple citoyen, un non professionnel : en fait, une personne insignifiante. Le particulier est personne. Le particulier est une personne ou un individu inidentifiable, une forme humaine anonyme qui se distingue de la foule (située en dehors du groupe) et s'oppose à « l'intérêt général » du groupe. Dans nos institutions politiques, le particulier est l'ennemi du groupe, le particulier est même nuisible au groupe. C'est en ce sens qu'un criminel est toujours un particulier, jamais un groupe. Le coupable est l'individu pas le groupe. C'est le particulier contre l'intérêt général, c'est-à-dire : l'intérêt pour personne. C'est ce que défend le Tribunal administratif : les institutions (de fonctionnaires anonymes innocents ou irresponsables) contre les individus (aux intérêts privés, particulier, pour lui), l'anonymat du groupe contre une personne identifiée être humaine (pas obligatoirement citoyenne par le faux privilège du vote). L'altruisme contre l'égoïste. Mais l'altruisme dans l'institution est une idée qui s'oppose à des besoins humains réels. L'intérêt général s'oppose à la solidarité.

Il faut faire attention de ne pas confondre « particulier » avec le sens de l'adjectif signifiant « privilégié, distinctif, spécial, spécifique, propre, individuel ». Le particulier n'est pas un privilégié, car il est impopulaire (coupable avant d'être coupable). Pour être innocenté, le particulier doit devenir une célébrité (ou changer de classe sociale : de la classe des gouvernés à celle des gouvernants). Agir au nom de l'intérêt général est la mission des fonctionnaires (une idée agissante) qui va déterminer le choix de punir ou pas le « particulier » qui agit contre ou pas « l'intérêt général » : c'est-à-dire : la loi (pour la classe populaire anonyme). La loi destinée aux particuliers : des individus anonymes hors du groupe (l'idée de la « brebis égarée »). C'est en ce sens que le « vagabondage » est puni par la loi ; le vagabond représente le summum du « particulier anonyme hors du groupe » : le bouc émissaire ingouvernable : l'ennemi de la société. Mais les lois sont votées par l'Assemblée nationale et le Sénat, c'est-à-dire par des particuliers (les hauts fonctionnaires de la chose publique) privilégiés au nom de l'Intérêt Général. Agir contre l'intérêt général revient à désobéir aux lois dont le haut fonctionnaire est « au-dessus » puisqu'il les édicte et se protège grâce au privilège de gouverner. C'est ici que règne le noeud de la confusion contradictoire entre l'obéissance, la responsabilité et la chasse au privilège. La contradiction entre l'application quotidienne d'une idée et l'organisation des êtres humains quand ils se rencontrent. La loi pose l'application d'idées, à interdire en dehors des besoins réels de chacun : un mécanisme social qui se moque de la solidarité, mais qui est un excellent outil pour les gouverner en annihilant leur volonté.

Les idées de « public » et d' « intérêt général » définissent et cultivent l'anonymat de la foule et les classes sociales. Le peuple (d'anonymes) crée la popularité. Sans l'idée de peuple, pas de popularité. L'opposition foule - célébrité crée un monde de privilégiés et de déshérités : deux classes distinctes : les riches populaires et les pauvres anonymes [8] (les autres n'ont aucune influence sur le pouvoir politique ou s'en moque ou le manipule) autrement dit les gouvernants munis d'une autorité (une capacité d'influence) et les gouvernés obéissants (qui ont le pouvoir de renverser le particulier impopulaire). La politique c'est l'organisation et l'application des idées avec des êtres humains comme cobayes [9]. Ça n'a aucun sens que d'entretenir une société esclavagiste mécanisée (qui fonctionne à peu près). Argumenter « l'intérêt général » dans une procédure publique revient à protéger l'intérêt privé des gouvernants privilégiés.

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Public en danger, non : en disparition

Public est le mot politique détourné du mot peuple. Public désigne rien qu'une idée vague (floue, même aveuglante) d'un ensemble de personnes anonymes. Le public n'est ni le peuple (groupement homogène uni qui fait front, guerroie), ni la population (groupement hétérogène de plusieurs groupes désunis). Ce qui concerne le public (il est désigné en permanence par les politiques) ne concerne personne en particulier. Qui ? est concerné à ce qu'on parle en son nom, avec des idées des autres ? Personne ? Public est une idée sur quoi il est facile de « gouverner » = le politique parle au public : il n'y a personne. Quelques personnes en colère isolées sont vite maîtrisées par la police. La notion de public offre aux politiques la conviction de l'idée toute faite des autres. Un groupe homogène obéissant. Les autres à gouverner (à obliger) sont : une caméra, un micro, une foule anonyme (parfois avec des pancartes). Une masse irréelle d'humains déshumanisés. Un matériau de travail, où l'être moi humain n'existe pas, puisque la totalité hétérogène des individus est ingouvernable. Chacun dira : « le public, ce n'est pas moi (...) moi je suis un individu pensant ».

L'idée de peuple n'existe que dans l'union politico-militaire, où chaque individu décide de devenir semblable à l'autre pour lutter ou combattre ensemble. Aujourd'hui le public, c'est l’ensemble des gens qu'on ne connait pas et qui ne combattent plus dans l'union sur « le front » (populaire ou national). Mais le « fabuleux » public est toujours là, la justification des gouvernants à faire semblant de gouverner les gens : une masse anonyme éparpillée qu'on veut lier à coups de « lien social » (à redevenir public) qu'on ne veut pas connaître, qu'on ne peut pas connaitre. Comment gouverner des gens qu'on ne veut pas connaître ? ne peut se réaliser que par le mépris (du petit peuple (sic) ignorant et ignoré sauf quand il doit payer). Comment gouverner un peuple qui ne guerroie plus ? ne sert à rien. Public remplace peuple, c'est la canalisation accélérée du désoeuvrement dans l'admiration de la notoriété (au lieu du « front de la lutte ») qui se résout dans la mort du peuple, parce qu'il est remplacé par public. L'idée de public contemporain et anonyme vient de l'industrie du spectacle (d'où l'institution étatique et hégémonique du ministère de la Culture qui cultive le public et non comme on l'a cru, les artistes originaux individualistes à l'esprit rebelle) : le régime politique, sur le modèle de l'autorité du père, ne peut être acclamée que par ... un public. En ce sens la politique copie l'industrie du divertissement pour sauver sa légitimité, grâce à la notion de public .

L'idée du public sert à établir une relation constante entre une masse anonyme homogène d'humains (inconnus) et des personnalités connues, reconnues, identifiables, honorées, jalousées, acclamées (« les nouvelles stars » des sociétés obligatoires du spectacle) dont c'est emparé la politique : la dernière justification de sa nécessité. Politique mise en ruine par les affairistes des oligopoles commerciaux et banquaires. La privatisation des biens publics fut le début de la fin du règne de la politique. La culture est le dernier refuge de la souveraineté politique publique (d'où le ministère). La culture n'est pas rentable, sauf si elle divertit. Mais le bâillonnement systématique des artistes originaux considérés ingouvernables (sans avoir jamais dialogué avec eux) contre le favoritisme d'une masse de pseudo-artistes gouvernables (qui obéissent à produire de l'insignifiant qui ne dérange pas : du décoratif gentil et mignon), disperse le public (qui se déplace au spectacle) : la foule identifiable acclamant ne peut plus acclamer une médiocratie volontaire, juste s'en divertir. Le public est diverti, mais les gens ne sont pas idiots et se divertissent de la bêtise du spectacle. Les « maîtres du jeu » des médias dominants sont convaincus de la bêtise du public qui achète du divertissement « le plus con possible » : ils agissent par mépris des autres (alors que les idiots piégés, ce sont bien les animateurs obligés). Le public de la chose publique (la république) meurt dans le divertissement. Mort aidée par les banques d'affaires qui prennent progressivement à la politique son pouvoir, par sa mondialisation (l'abolition des nations), car elle concerne la consommation humaine qui est synonyme : d'être bien (du bien-être) du public-consommateur. S'oppose à la politique, synonyme de pauvreté et de misère, bien que les banquiers sont les premiers créateurs de pauvreté et de misère dans l'abondance, jusqu'à ruiner des nations. Le bien-être de la consommation dans l'isolement au détriment du partage ensemble : c'est ce que cultive depuis plus d'un siècle l'industrie de la consommation. La transformation de la chose publique en bouches d'aspiration isolées.

Continument, public, peuple et population seront inutiles dans leur surpopulation oisive dont l'inutilisation a débuté dans le licenciement massif au XXe siècle : le travail ouvrier en masse disparait dans l'automation des machines-outils et le travail des services dans les robots, êtres bioniques et autres ordonateurs technologiques miniaturisés dont chacun s'émeut d'admiration (avec l'aide des pseudo-artistes qui en font la démonstration). Ces classes populaires meurent d'elle même dans l'extermination douce de la sensation de classes devenues inutiles. L'impression 3D d'un être bionique suffira à remplacer un travailleur (un esclave salarié) dans le fantasme des milliardaires qui veulent se faire de la place sur Terre. D'envoyer cette population, qu'ils considèrent et croient inutile, comme cobaye dans les exoplanètes ? Est le résultat d'une croyance publique de l'être humain.

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Public et religion

Sans public, pas de glorification, dont le commerce se moque.

Une société laïque ou religieuse (ce qui revient au même, car chacune possède son divin : l'une déïque et l'autre humanitaire) unifiée sert la culture du peuple-public anonyme qui glorifie un élu pour la reconnaissance sociale d'un travail accompli (celui de se hisser dans la notoriété). Mais tout ça, c'est fini. On passe à autre chose. La religion est une pratique en rites à répétition de croyances dogmatiques. La société (actuelle) est une pratique quotidienne de croyances dans l'Etat. La religion comme le commerce et la politique cherche la fidélité des fidèles ; sans eux, religion, politique et commerce hégémonique n'ont plus de sens. Le public de la religion est les fidèles de la croyance, unis dans leur détresse. Sans souffrance pas de religion. Sans souffrance la religion devient inutile. Ce qui rassemble les individus en fidèles et les pousse à se ressembler c'est leur souffrance illusoirement partagée (la souffrance ne se partage pas, elle se reconnaît chez l'autre) à pleurer ensemble (la vie ingrate (sic)). La consommation (ou la religion de l'abondance) unit les fidèles dans la réjouissance au contraire de la religion déïque et de la politique étatique qui unissent les fidèles dans l'espoir. Le supermarché est le temple de la religion de l'abondance uniformisée devenu une nécessité.

Le mysticisme est exclu de la religion puisqu'il s'adresse au mystère (mystique vient de mystère) : à ce qui n'est pas compris, incompris, incompréhensible. Un mystère ne se croit pas, il s'explore et tente d'être compris. La religion trahit la spiritualité par la croyance dogmatique. Le mysticisme ne rassemble pas le public en foule, il n'en a pas besoin.

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Notes
[1] encore une fois je vais citer Adolphe Huxley : « 64 000 répétitions font la vérité », mais est-ce de source sûre ?
[2] Il lui faut un rapportage. Ça occupe ceux qui s'ennuient : ceux qui ne savent pas se diriger eux-mêmes ou qui n'ont pas de passion ni d'intérêt dans leur vie et donc une imagination mort-née.
[3] je dis bien : la dictature du public abruti (l'idéologie de la foule du XIXe siècle) manipulé par quelques ordonnateurs (beaux parleurs et hauts parleurs).
[4] c'est ici que nous comprenons pourquoi le sport (plus que les arts) est investi de sommes colossales : le spectacle du sport provoque une homogénéisation en masse du public : il suffit de constater l'effet collectif après le marquage d'un but au foot (ceci grâce aux marques « untel, amis » en compétition qui investissent financièrement l'équipe) et la taille des stades. La pratique compétitive du sport spectacle est à l'image de la pratique libérale du capitalisme qui maintien une masse publique homogène soumise à acheter sa servitude, et dont les Jeux Olympiques représentent le summum de la corruption mondialisée (ils rassemblent tous les sports rentables). Les arts qui rentrent dans ce jeu monopolitique doivent corrompre leurs idéaux de liberté de création pour servir le marché public de la soumission en vendant de l'endettement (de l'attachement économique) au public trompé. Les arts « visibles » d'aujourd'hui sont ceux qui ont vendu leur liberté*.
[5] Je revois les affiches pour représenter la culture de la mairie de Toulouse en 2008 où l'on voyait : une foule acclamant. La responsable de la culture ne semblait pas comprendre le sens de ses affiches, ce qui porte à comprendre que la propagande despotiques s’est intégrée dans l'inconscient collectif quotidien jusqu'à ne plus être détectée par ses producteurs mêmes. Voir les lettres à sens unique avec cette mairie.
[6] voir ma critique du livre sur les foules de Gustave Le Bon : Psychologie des foules publié en 1895. Voir aussi le rôle du public dans ma création : Un Voyage au Bout du Possible de l'Homme (2008-2012).
[7] c'est ainsi que se lient les relations humaines pour former les clans, les classes, les groupes, les partis, etc., où les membres « s'entraident » aux dépens des autres. Le regroupement clanique est générateur de privilèges. Dont les autres exclus et reconnaissent le privilège.
[8] cet anonymat est exploité par les « reality shows » afin de renforcer la séparation entre celles et ceux qui ont et celles et ceux qui n'ont pas, entre la popularité et le populaire anonyme.
[9] Platon auteur de la République, c'est illustré dans cet échec politique il y a environ 2500 ans à Syracuse quand Denys II (son protecteur) l'a poursuivit pour sa mise à mort. L'échec de Confucius (K'ung-fu-tzu aussi Maître Kong) va dans le même sens qui prône les honneurs dans la vie publique et la paix grâce à un gouvernement qui érige des lois dans l'idée d'interdire.

* Le cinéma est contrôlé par les producteurs et non pas par les réalisateurs qui obéissent à la production (à l'argent des investisseurs). Le cinéma pour les masses (mass movie) draine des fortunes colossales en marchandant de la bêtise de mieux en mieux filmée « qui fait encore plus vrai » (sic) malgré l'appauvrissement des masses qui payent toujours pour s'abreuver d'espoir idiot dans le rêve d'une projection impossible, dans sa réalité d'esclave. Tout comme pour le sport-spectacle, ce sont les annonceurs qui conduisent le film pour drainer le public en masse dans le silence. Les artistes se raréfient dans le cinéma ou ne sont plus visibles ou deviennent corrompus. Comment reconnait-on ces pseudo-artistes lâches et corrompus ? Ils se comportent en servile et accepte la domination médiocre dans leurs créations artistiques, ses médias sont affublés des marques des annonceurs et va même publiquement jusqu'à les remercier : pour dire : « sans eux on n'existerait pas » (sic). Le système néolibéral du capital a réussi à rendre les artistes reconnus volontairement serviles.

 

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