L'ORIGINE DE L'OBÉISSANCE

 

Chacun dans son activité a besoin d'être valorisé, les gens sans projet (intention) de vie aussi. Ceux-là trouvent leur valorisation dans la servitude en s'appliquant à leur tâche à la « perfection » pour leur valorisation personnelle. Peu importe les conséquences de la tâche accomplie : leur valorisation passe d'abord au risque de perdre le sens de vivre de la communauté. La valorisation passe par la reconnaissance des autres. Une tâche servile bien accomplie est valorisée, elle est valorisée par l'approbation du maitre et aujourd'hui par un salaire et les « récompenses » à consommer dans les supermarchés. Cette dernière valorisation est un leurre, même un mensonge : le travail servile n'est pas valorisé (par les maitres), il est intéressé. Pour ne pas sombrer dans l'insignifiance de son existence, le servile va perpétuer la croyance de sa valorisation dans sa tâche par son exécution « parfaite », même avec zèle : c'est l'origine de l'obéissance. Ce n'est que le mensonge de l'esclave (son hypocrisie) qui maintient nos sociétés dans la servilité.

La caresse du maitre satisfaisant l'esclave (équivalent à la satisfaction du chien) est la reconnaissance qui justifie « la nécessité de la servitude » pour l'esclave. C'est une histoire « d'amour » entre l'esclave et son maitre : l'obligation d'un attachement, d'une dépendance volontaire. Pour accéder à la servitude, il faut d'abord reconnaitre une autorité. Une autorité est une représentation qui ne se discute pas, qui ne se questionne pas (comme le concept de Dieu : sauf que ce n'est pas Dieu qui parle, mais des humains en soif de domination). L'autorité est nécessaire pour l'entretient de la croyance. Sans autorité, la croyance est incultivable et dépérit. Mais l'autorité force a l'hypocrisie (de ceux qui l'a refusent en l'acceptant) pour s'échapper de sa domination « on fait comme si on obéit », « on prétend exécuter les ordres de l'autorité », mais soi-même est ailleurs, échappé et dont son moi est réfugié dans son « chez soi » intérieur. C'est un jeu pervers du servile volontaire en mal de domination : une auto frustration volontaire pour provoquer sa vengeance personnelle d'exister contre son dominant. C'est un jeu pervers qui permet de confondre le traitre du résistant ainsi que de rendre flou le sens de « la lutte pour la liberté » (que les esclaves majoritaires refusent), une mise en schizophrénie volontaire (par dissociation entre sa pensée et son acte) pour s'échapper du joug de l'univalence de notre système esclavagiste patriarcal : c'est l'attitude de ceux qui désirent s'emparer du pouvoir (qu'il soit local ou global), ceux qui se pensent intelligents alors qu'ils renforcent le système occidental de l'esclavage dissimulé. Quand ses propres actes ne correspondent pas à ses paroles, on se trouve dans une attitude schizophrénique. La schizophrénie est une protection de son intégrité intérieure morcelée en société : du système social inconsciemment refusé, mais activement accepté par un faux double. Ce dédoublement de la personnalité en confrontation permanente crée des conflits irresolvables du sujet entre « le sens du devoir » et celui de sa nécessité. Cette punition auto infligée brouille le sens de son existence et rend toute autonomie de soi impossible. Cette irresponsabilité auto imposée participe a se laisser guider dans la facilité de la servitude. La servitude est un état où l'on de pense pas (on est pensé et agit par d'autres), c'est une vie où l'on perd volontairement sa conscience au profit d'une prise en charge : un esclave est un enfant obéissant, mais qui travaille.

La jeunesse obéissante qui travaille en tant qu'employé, de peur de « perdre sa place » forme la police dissimulée de notre système esclavagiste par son zèle, pour être valorisée dans sa misère d'esclave. Mais cette jeunesse n'est valorisée (soi-même) que par le fait qu'elle a pu « décrocher un boulot » (en général de service dégradant), ni par son salaire misérable, ni par la reconnaissance de la valeur de l'utilité de son travail, mais elle obéit dans sa frustration même. Cette jeunesse esclave qui est terrorisée à l'idée de ne pas faire partie de la société dominante des dominés (pour ne pas sombrer dans la folie) justifie ça nécessité inutile dans le zèle de l'obéissance comme sa seule échappatoire possible à être convaincu de vivre une vie équilibrée.

Il est très difficile pour un artiste de vivres dans un monde dominé par les esclaves, car il n'y a pas sa place : « on ne gagne pas sa vie comme artiste », « artiste n'est pas un métier » (sic) dans une condition d'esclave.

Le désir de valorisation de soi est le piège de l'obéissance, cultivé par le narcissisme de nos sociétés par un présent absent pour générer un manque constant (espoir) : la frustration, moteur à la consommation, où avoir (la récompense) est plus important qu'être, où l'objet est plus important que le sujet, où l'art est devenu un objet de récompense : un divertissement à consommer qui doit soulager immédiatement. C'est par ce sens que les humains (occidentaux) se méprisent les uns les autres. Pour garder sa valorisation face au maître et aux autres, il y a obligatoirement compétition et compétition implique ségrégation (frustration des faux perdants qui surconsomment) où le désir de reconnaissance est exacerbé (constatons l'épidémie narcissique sur Internet, exploitée entre autres par la compagnie dominante Facebook(sic).

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Mathius Shadow-Sky
Août 2010

 

Journal vigilant d'exemples médiocratiques

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