2500 ans de pensée
de commerce de la parole
et rien
Qu'est-ce que la philosophie a apporté à l'humanité occidentale ? Le bon sens qu'elle essaie de développer est constamment absent dans la politique (la gestion du commerce entre les hommes). La politique rappelons-le était la cible de la philosophie grecque antique, Platon dans son Académie pensait former des politiciens. Aujourd'hui un politicien ne sert que le mensonge. Le mensonge est son outil nécessaire pour tromper les autres et accéder au pouvoir. Cette attitude se retrouve dans tous les humains (de nos sociétés) motivés par l'avidité égoïste « c'est à moi, que à moi » (sic). Beaucoup d'idées philosophiques ont été détournées de leurs intentions originales « d'améliorer » la société humaine. Sauf sans doute les philosophies mystiques comme celles de Spinoza ou de Cioran difficilement accessibles à la pratique commune. Sans doute, agir dans l'irresponsabilité, dans le contraire « du bon sens » et prendre les pires décisions doit tromper l'ennui (nous cherchons une raison à la haine entre tous).
Les Grecs anciens pensaient qu'à travers la parole (« tu m'écoutes ! » sic), il était possible de créer le débat social. Il semble qu'ils aient réussi pendant une trentaine d'années il y a 2500 ans nous dit François Chatelet. Mais cette assemblée démocratique qui n'a duré que trente ans ne s'est développée que pour les citoyens (ni les esclaves ni les femmes ni les « barbares »). Ces citoyens de l'Athènes antique étaient peu nombreux et pouvaient « s'entendre ». La langue a évolué volontairement pour que personne ne puisse s'entendre (brouillage parasite). Le surenchérissement d'objets de communication contre : « on n’a rien à dire », pas d'idées = ennui « à combattre avec le divertissement » (sic). La poésie a été bannie de nos communautés de profits privés. La langue en elle-même est un piège : « elle n'empêche pas de dire, elle oblige à dire » nous dit Roland Barthes. Une langue donne le point de vu culturel de sa représentation du monde. En parlant une autre langue cette vision change et notre attitude en conséquence change. Cette langue se développe dans un contexte culturel : des choix de vie retenus formant un ensemble cohérent pour ceux qui la parlent : un système d'attitudes stéréotypées dans lequel chacun reconnait l'autre : c'est une violation de sa liberté à accepter, pour vivre avec les autres. Une soumission à des modèles dont chacun adhère par la force vaut mieux à la pensée d'être seul/e puisque chacun semble accepter le pire pour soi. Mais qu'est-ce que la raison ? Une domination comme une autre. Qui a raison ? est une mauvaise question. Qu'est-ce que la raison ? est déjà plus mûr, la raison se goure dans sa raison, celle de la suivre. En quoi une raison (conseil) doit être suivie ? Surtout si elle s'accompagne « du “bon” sens » de l'ennui ? est une pensée qui chahute le monde.
La parole est à la base de la philosophie. La parole est à la base de la politique. Deux activités qui semblent être peu utiles même nuisibles à nos sociétés. La parole n'a pas aboli en plus de 2500 ans ni l'esclavage ni le sexisme (ni autres haines ségrégationnistes). Deux états d'esprit qui semblent aberrants au « bon sens » qui ne désire pas être ennuyé pour rien et pourtant qui ne disparaissent pas, même se renforcent. Les humains apprécient la contrariété et la peine volontaire où le malheur donne du sens à leur existence : la soumission crée l'autorité et l'autorité crée le châtiment. Pourquoi le châtiment est-il tant apprécié ? est-ce sa raison de se sentir vivre ? La raison quelle qu'elle soit donne un sens unique qui rassure (« puisqu'on y est tous ensemble, moins importe le reste »).
La parole est un produit du commerce (« entre les hommes »). Elle se vend comme le corps et l'objet. L'esclavage. La parole vend d'abord des histoires. Des histoires pour initier : un modèle à suivre ou à éviter (c'est selon le contexte idéologique). Toutes nos productions « culturelles » se servent de la parole (d'histoires). Sans paroles il n'y a pas « communication » univoque (d'obéissance = d'écoute) ni de culture. Le cinéma, le théâtre, le livre (théories, romans, contes, etc.), la chanson et le savoir sont des formes du commerce de la parole qui racontent des histoires (qui fabulent). On se trompe forcément. On se trompe constamment. Mais le fait de se tromper n'autorise pas la misère de l'autre. C'est une responsabilité sociale qui est toujours niée : toujours aujourd'hui.
Mais chacun au fond d'elle-même, de lui-même comprend ces voix de l'attention de la sagesse pour ne pas se nuire à soi-même et ne pas nuire aux autres. Mais nuire aux autres est plus divertissant que le contraire sinon nous ne continuerions pas à nuire sans se nuire : une impasse à vivre ensemble sans hostilité. Le philosophe s'est-il trompé d'être philosophe ? il s'est vendu à la parole. qu'il trompe et qui l'a trompé.
L'insignifiance est le luxe..., non : l'apothéose du comble de la parole.
Aurions-nous dû bannir les poètes de la parole ?
Nous n'aurions pas dû bannir les poètes de la parole ?
21 juillet 2010
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Catherine Deneuve dans "La Femme aux Bottes Rouges" de Luis Bunuel (1974)
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nous avons besoin d'abstractions musicales car nos mots n'expriment plus nos actes